Il est 1h33, je suis fatiguée et pourtant je n’arrive pas à dormir, c’est l’angoisse; l’angoisse du départ. Nous décollons dans 32 jours, soit 1 mois et 1 jour, 4 semaines et 4 jours, 766 heures et quelques minutes.

32 days left
32 days left

C’est l’angoisse parce qu’en même temps je pense être prête et à l’inverse pas du tout. Dans quelques temps, et dieu seul sait que ça passe extrêmement vite, nous serons dans l’avion en direction de Montréal.

C’est l’angoisse parce que quitter ma mère m’angoisse. Non pas que je vis encore dans ses jupons, mais ça a toujours été ma mère et moi, un duo, une équipe, nous deux. Certes j’ai aussi grandi avec mon père, mais mes parents étant séparés c’est avec ma mère que j’ai passé la majeure partie de mon enfance, de mon adolescence et du peu de ma vie adulte que j’entame à peine. La laisser ici me brise le coeur. Je ne lui montre pas, ou en tout cas pas encore parce que je me dis que plus tard sera le mieux. plus tard je lui montrerais ma tristesse, plus tard la sienne sera aussi, j’espère (même si je sais au fond de moi qu’elle est déjà tout aussi triste que moi). Ca me déchire de la laisser seule ici, sans moi et moi sans elle là-bas.

C’est l’angoisse parce qu’il faut profiter de tout ici tant qu’on le peut, la famille, les amis, les collègues, les sorties… se créer autant de souvenirs que possible et réussir à partager son temps entre tout ça, toutes ces personnes, sans que l’une sois plus délaissée qu’une autre.

C’est l’angoisse parce qu’on va partir de rien là-bas, on va arriver comme des touristes (en somme, c’est ce que nous serons au début). A part nous deux et nos quelques « connaissances » sur twitter, nous n’aurons personne. Pas d’amis, à part nous deux, pas de famille, personne à qui téléphoner à n’importe quelle heure pour dire « c’est trop génial ici! On se retrouve pour boire une bonne bière en terrasse au Mont-Royal? Rendez-vous dans 10min?« . Nous n’aurons que Skype et la vidéoconférence pour donner de nos nouvelles à nos proches sans pouvoir les prendre dans nos bras et leur dire à quel point ils nous manquent et qu’on hâte qu’ils viennent nous voir ici.

C’est l’angoisse parce qu’accessoirement j’ai peur en avion.

Et à coté de ça, c’est l’extase de vivre la plus grosse aventure de ma vie, l’expérience qui me fera grandir, qui me rendra plus mature. De faire plein de nouvelles rencontres, d’en voir plein la vue et de me prendre une claque culturelle, visuelle et sociale. C’est l’extase parce qu’on va prendre notre indépendance (bien que pour une première indépendance c’est assez loin de chez nous). C’est l’extase parce qu’on part à l’aventure et que moi, de ma petite vie à Châtelet, je n’ai jamais vu le monde.

C’est l’extase parce qu’on réalise notre rêve, nous nous sommes donnés les moyens et ce serait ridicule de ne pas le faire juste parce que c’est l’angoisse.

L’angoisse est là, mais le jeu en vaut la chandelle, et malgré la distance je pense que nous nous rapprocherons de nos proches encore plus. Je peux également dire que je suis rassurée de ne pas partir toute seule, car seule, je ne sais pas si j’allais avoir le courage et la force de monter dans l’avion le jour J…

J’ai hâte de découvrir tout ça, mais tellement peu pressée de partir pour ne pas avoir à « quitter » tout le monde.

Mon seul exutoire pour l’instant étant ma tête, j’avais besoin de vous écrire ce petit article…

Par contre, je vous conseille de regarder cette petite vidéo… Elle me remonte le moral!

– niilah –

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